Complexe Pontia daplidice / P. edusa : ouvrez l'œil dans le quart nord-est

Publié le 23/08/2026 Vu 320 fois

Plusieurs Marbrés-de-vert ont été observés ces derniers jours dans le sud du Haut-Rhin. La donnée est déjà notable en elle-même : en Grand Est, hors une mention marnaise de 2010, le taxon n'a plus été signalé depuis.


Elle ouvre surtout une question restée sans réponse en France. Sous le nom de Pontia daplidice sont confondus deux taxons vicariants : P. daplidice, atlanto-méditerranéen, qui remonte par migration jusqu'au nord de la France et au sud de l'Angleterre, et P. edusa, le Marbré-de-vert oriental, connu d'Allemagne, de Suisse, d'Italie et de toute l'Europe du Sud-Est jusqu'en Asie centrale. Ce second taxon, au comportement dispersant apparemment plus marqué, atteint l'ouest de l'Allemagne, la Belgique et les Pays-Bas. Sa limite occidentale reste inconnue, faute de matériel analysé.

Aucun caractère alaire ne sépare les deux taxons : la variabilité du dessin apical, du point discal et des macules vertes du revers relève de la saison et du rang de génération. Les genitalia non plus : la forme de la valve, longtemps invoquée, s'est révélée trop instable pour discriminer, comme vient de le rappeler une étude portant sur plus de 550 spécimens (Davlatov & Lukhtanov, 2025). En revanche, les deux taxons se séparent nettement par le barcode mitochondrial, avec près de 8 % de divergence. La détermination est donc hors de portée de l'observation et de la préparation : elle passe obligatoirement par le laboratoire.

Ce que nous demandons aux observateurs. La fin d'été peut être favorable aux arrivées. Dans le quart nord-est de la France :

  1. Saisir toute observation sur Artemisiae au niveau du complexe, sans choisir de nom d'espèce, avec des photographies du dessus et du dessous.
  2. Conserver 1 ou 2 spécimens, mâles et femelles, dans les stations où l'espèce est vue en nombre.
  3. Un individu par papillote, étiquette complète (commune, lieu-dit, coordonnées, date, récolteur). Le spécimen sec suffit pour le barcoding, c'est sur une patte du spécimen desséché que se font les extractions.
  4. Rechercher œufs et chenilles sur Reseda lutea et les crucifères des friches autour des stations, et repasser quatre à six semaines plus tard. C'est le seul moyen de savoir si nous avons affaire à un simple passage ou à une reproduction locale.

Les spécimens rassemblés seront intégrés au projet Barcoding d'oreina et séquencés dans le cadre du consortium de barcodage des lépidoptères de France.

Merci de votre participation !

Auteur : David DEMERGÈS