Jean-Marie COURTOIS

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Jean-Marie COURTOIS (1944 - 2013)

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In memoriam Jean-Marie COURTOIS (°1944 - † 2013) Sa vie, son œuvre, ses publications entomologiques par Gérard Chr. LUQUET (1)

Notre estimé et savant collègue Jean-Marie COURTOIS, de Lorry-lès-Metz (Moselle), nous a quittés en mars dernier, à l’issue de quatre longues années de souffrances. Son nom était familier aux lecteurs d’Alexanor, qui ont pu apprécier ses compétences entomo - logiques à travers les multiples publications qu’il avait confiées à notre Revue. Il disparaît peu de temps après son vieil ami Louis Nicolas PERRETTE (°1924 - † 2011), son aîné de vingt ans, qui comptait lui aussi au nombre de nos fidèles abonnés lorrains (3). Jean-Marie Roger COURTOIS (fig. 1 et 2) était né à Metz (Moselle) le 13 février 1944. À l’issue de sa scolarité maternelle et élémentaire, qui s’est déroulée à l’école annexe de l’École Normale d’Instituteurs (4 ) de Montigny-lès-Metz, il a fréquenté, de la classe de sixième à la terminale, le Lycée Fabert à Metz, lycée renommé pour la qualité de son enseignement scientifique. Après avoir obtenu son baccalauréat avec mention, il présenta avec succès le concours d’entrée à l’École Normale de Montigny-lès-Metz. Dès son plus jeune âge, Jean-Marie COURTOIS s’est intéressé à la nature, et plus particulièrement à la faune et à la flore. C’est donc tout naturellement que devait s’imposer à lui le sujet du mémoire de fin d’études qu’il présenta à l’École Normale. Sous la tutelle d’un professeur de sciences naturelles, il rédigea en effet un travail qu’il intitula « Monographie d’un étang ». Muni de cette formation, Jean-Marie COURTOIS embrassa la profession d’instituteur. Tout au long de sa carrière, il sut faire partager sa passion de la nature à ses élèves. En marge de sa profession, cette passion de l’univers du vivant le conduisit à se spécialiser dans l’étude des Lépidoptères, et plus particulièrement dans celle des Microlépidoptères. À deux reprises au cours de sa carrière, il obtint de l’Éducation Nationale, dans le cadre de ses études naturalistes, un détachement de quelques mois auprès du Parc Naturel Régional de Lorraine afin d’y effectuer des inventaires de faune et de flore, puis pour y participer à une étude écologique et forestière globale. Son attachement à la petite faune de Lorraine le conduisit à rédiger avec passion un mémoire dont le sujet lui tenait à cœur, en vue de le présenter devant un jury d’Université. Ce projet fut mené à bien : le 21 septembre 1988, il soutint ce mémoire, intitulé « Les Microhétérocères paludicoles de Lorraine », au Laboratoire d’Écologie de l’Université de Metz, dans le cadre de l’U. E. R. des Sciences Fondamentales et Appliquées. Il obtint ainsi, avec les félicitations du jury, le Diplôme d’Études Supérieures d’Université (D. E. S. U.) en biologie, section entomologie. À Metz, aucun professeur d’Université ne possédant alors parfaitement ce sujet, il fallut faire déplacer depuis Marseille un directeur de recherches au C. N. R. S., afin qu’un entomologiste fît partie du jury : l’honneur en échut à notre éminent collègue le Professeur Louis BIGOT, qui se joignit aux deux autres membres de la Commission d’examen, MM. les Professeurs Michel NOURISSON et Jean-Claude PIHAN. Tout au long de ses investigations entomologiques, Jean-Marie COURTOIS a rédigé près d’une centaine d’articles qu’il a publiés entre 1981 et 2013 dans diverses revues spécialisées, en particulier dans le Bulletin de la Société d’Histoire naturelle de la Moselle (Metz), le Bulletin des Académie et Société lorraines des Sciences (Nancy), Linneana belgica (Bruxelles, Belgique), Entomologica gallica (Paris), et, bien entendu, dans Alexanor (cf. infra). D’autres travaux entomologiques n’ont pas été officiellement publiés, entre autres divers inventaires dressés pour le Parc Naturel Régional de Lorraine et pour le Parc National des Écrins. En matière de diffusion des connaissances, Jean-Marie COURTOIS a également publié plusieurs notes de vulgarisation (par exemple dans la revue Le Bufo) et animé de nombreuses sorties naturalistes sur le terrain.

Jean-Marie COURTOIS était un visiteur régulier du Laboratoire d’Entomologie du Muséum de Paris. À l’époque où il s’était penché sur l’étude de quelques familles de Microlépidoptères — et notamment sur celle des Tinéides et des Scythridides —, il entreprit de réviser le matériel concerné dans les collections nationales, et j’eus le plaisir de le recevoir assez souvent au Service des Lépidoptères. D’un naturel modeste et discret, il n’en était pas moins un collègue chaleureux, et son comportement effacé ne laissait rien paraître de sa grande habileté à préparer les imagos ou de sa compétence à disséquer les armatures génitales des minuscules Papillons qu’il étudiait avec la rigueur d’un professionnel de l’entomologie. Nous avons fréquemment échangé des propos naturalistes fort enrichissants,car, si Jean-Marie COURTOIS s’intéressait à la systématique, il ne concevait pas l’étude des espèces sur lesquelles il travaillait sans les replacer dans leur contexte biocœnotique. Ce souci de la dimension biologique de l’espèce transparaît clairement à l’examen des titres de bon nombre de ses publications, dans lesquelles la faunistique, la bionomie, l’écologie et l’éthologie tiennent une large part. Il montrait un vif intérêt, par exemple, pour les Microlépidoptères présentant une biologie atypique (espèces trogloxènes ; espèces commensales des nids d’oiseaux ou des colonies d’Hyménoptères), ou pour la faune lépidoptérique des milieux halophiles continentaux, et, bien entendu, plus généralement pour le peuplement en Lépidoptères de la Lorraine. Il manifestait également un fort intérêt pour les collections historiques, et, lorsqu’il commença à travailler sur les Scythridides de nos collections nationales, il apprécia grandement l’aide que je pus lui apporter, au début des années 1990, dans le décryptage des étiquettes des exemplaires originaires d’Alsace, et notamment du matériel de la collection Schlumberger, sur lequel j’avais engagé une recherche depuis plusieurs années déjà. En septembre 2000, Jean-Marie COURTOIS a pris sa retraite de l’Éducation Nationale. Il s’est alors découvert une nouvelle passion : la peinture. Il a réalisé plus de cent cinquante huiles sur toile ou sur bois, dans un style très figuratif, offrant de nombreux détails : paysages, portraits, natures mortes, danseuses... (fig. 3). Cette nouvelle activité ne le détourna nullement de ses travaux d’entomologie. En 2012, il avait en outre entrepris de se concentrer sur l’étude des Hyménoptères du sous-ordre des Symphytes. Jean-Marie COURTOIS devait s’éteindre le 12 mars 2013, des suites d’une longue maladie. Tous ceux qui l’ont connu garderont de lui le souvenir d’un collègue affable et rigoureux dans son travail, naturaliste dans l’âme, empreint d’une curiosité des choses de la nature qui n’a plus guère cours aujourd’hui. Sa disparition laissera un grand vide au sein du microcosme des microlépidoptéristes, notamment parmi ceux qui se consacrent à l’étude de la biologie de ces Papillons encore trop souvent négligés. La collection de Lépidoptères de Jean-Marie COURTOIS a été offerte par sa famille au Laboratoire d’Entomologie du Muséum de Paris.

Que son épouse, Madame Monique COURTOIS, et son fils, Monsieur Arnaud COURTOIS, que je remercie bien vivement pour les informations qu’ils ont très aimablement mises à ma disposition aux fins de rédiger la présente notice, reçoivent l’expression de toute ma sympathie, qui se fait l’écho de celle des nombreux abonnés de notre Revue qui appréciaient Jean-Marie COURTOIS.

source : https://www.researchgate.net/publication/336677260_In_memoriam_Jean-Marie_COURTOIS_1944_-_2013_Sa_vie_son_oeuvre_ses_publications_entomologiques

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