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Gestion différenciée des parcelles de Luzerne. Un impact positif sur les Papillons de jour (Lepidoptera : Rhopalocera)

Auteurs : Manil (Luc) et Chagué (Julien)


Année de publication : 2014
Publication : Revue d'Écologie
Volume : 69
Fascicule : 2
Pagination : 101-111


Résumé :

L’intérêt de la gestion différenciée des parcelles de luzerne pour les populations de Rhopalocères a été étudié en 2009 et 2010 sur 18 sites en Champagne-Ardennes et 6 en Haute-Normandie, en comparaison avec des luzernières traitées classiquement et des cultures de céréales d’hiver. La méthode du Suivi Temporel des Rhopalocères (papillons de jour) de France (STERF), programme national de comptage des papillons sans capture a été utilisée. La luzerne en elle-même (gestion classique) et plus encore le maintien d’une bande fleurie (bande de 7 m alternée non fauchée à chaque coupe) s’avèrent significativement favorables à la richesse spécifique (31 espèces sur 43 observées, contre 15 dans et en bordure de champs de céréales) et à l’abondance des papillons (53 ± 6 papillons par 10 minutes de comptage dans la bande non fauchée, contre 15 ± 2 en bordure des parcelles de luzerne témoins et 6 ± 1 en bordure des champs de céréales) ; les espèces les plus abondantes étaient Vanessa cardui (première position étonnante liée aux migrations massives et exceptionnelles de 2009, avec une concentration particulière sur les luzernes), Pieris rapae, Polyommatus icarus, Colias croceus, Pieris brassicae, Aglais io et Pieris napi. Plus les espèces sont communes, plus elles semblent favorisées par ces floraisons de luzerne. L’état de floraison de la luzerne est un paramètre essentiel, surtout en deuxième moitié de saison, lorsque les fleurs sauvages sont moins nombreuses. Il ressort un intérêt supplémentaire des bandes non fauchées de luzerne pour les espèces comme P. icarus (sédentaire) et C. croceus (migrateur) dont les chenilles peuvent se nourrir de luzerne.