Détail de la référence

Rapport d'étude

Impact du pâturage ovin sur les peuplements de Lépidoptères / Rhopalocères des pelouses calcicoles de Lorraine

Auteur : Sardet (Éric)


Année de publication : 2003
Publication : Rapport d'étude Conservatoire des Sites Lorrains
Pagination : 1-30 + annexes


Résumé :

Cette étude de l'impact du pâturage ovin l'entomofaune et plus particulièrement des Rhopalocères ( « papillons de jour ») pour l'année 2002 a mis en évidence une difficulté méthodologique : la notion de peuplements lépidoptériques est très conceptuelle. En effet, les peuplements de papillons existent en théorie, mais sont très difficile à appréhender par la technique du transect. Cette méthode est avant tout adaptée pour un suivi dans le temps des papillons sur un site donné (= monitoring), mais ne permet pas la distinction des différents peuplements présent sur ce même site, pour la simple et bonne raison que les papillons sont extrêmement mobiles. Ainsi les approches classiques (indices de structures, AFC, ACP ... ) pour la description des peuplements biologiques se sont révélées inadaptées à cette étude. Finalement, nous avons adopté le codage fioue ou logique fiou pour décrire les peuplements à l'échelle du transect comme du site. Cette approche consiste à accepter qu'une espèce de papillon donnée, n'appartienne pas exclusivement à un groupe écologique donné. Nous avons définit huit groupes écologiques. Ainsi, une espèce peu appartenir par exemple à 25% au groupe 1, 25% au groupe 2 et 50% au groupe 7. A partir du codage fiou des espèces, nous avons caractérisé les transects et les sites selon les huit groupes écologiques fonctionnels et définit des tableaux de bord pour chacun d'eux. Les tableaux de bord permettront de faciliter le suivi dans le temps et permettent déjà de mesurer l'impact du pâturage ovin sur les peuplements lépidoptériques des huit pelouses retenues pour cette étude. Nous avons constaté que le pâturage à court terme (une à trois années) ne modifie pas sensiblement les cortèges de papillons. Par ailleurs, le pâturage à long terme, mené de manière assez intensive, altère considérablement les peuplements, en exerçant une forte sélection sur les espèces. En toute logique les espèces xéro-thermophiles et les espèces typiques des pelouses sont largement favorisées, à la défaveur des espèces mésophiles, de lisières et d'ourlets. Par ailleurs, on constate une baisse importante de la richesse spécifique et une sélection forte des espèces xéro-thermophiles, souvent à haute valeur patrimoniale. En conséquence, le pâturage ne favorise pas la diversité mais permet de conserver des cortèges d'espèces spécialisées devenues très rares en Lorraine. Il s'agit donc de fixer des objectifs clairement définis avant la mise en place du pâturage ovin, à savoir, si l'on cherche à maintenir les peuplements de papillons en place, il faut choisir un pâturage extensif pluriannuel en rotation. Dans le scénario où l'on cherche à restaurer des pelouses dégradées ou encore à favoriser des espèces de papillons très spécialisées (xéro-thermophiles) il faut s'orienter vers un pâturage assez intensif, annuel (avec également la possibilité de rotations, ou au moins conserver des réservoirs biologiques non pâturés).